Bulletin mensuel du vendredi 2 avril 2021

Bulletin mensuel de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (version française)


    Le bulletin mensuel de l'Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise pour le mois de mars 2021 est consultable PDF iconICI

 

 


Monthly bulletin of the Piton de la Fournaise Volcanological Observatory (english version)


    The latest monthly bulletin of the Piton de la Fournaise Volcanological Observatory for March 2021 can be downloaded PDF iconHERE

êtes invité à le signaler au BCSF (Bureau Central Sismologique Français) sur le site http://www.franceseisme.fr/

 

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Figure 1 : Histogramme représentant le nombre de séismes volcano-tectoniques superficiels enregistrés entre le 1er janvier et le 28 mars 2021 (© OVPF-IPGP).

 

L’inflation (gonflement) de l’édifice du Piton de la Fournaise se poursuit. La source à l’origine de cette inflation est localisée entre 1,5 et 2 km de profondeur sous le cratère Dolomieu, au niveau du réservoir magmatique superficiel.

 

La composition des émissions fumerolliennes au sommet, enregistrée par la station MulgiGaS de l’OVPF, montre une composition des fumerolles de type « hydrothermale », dominée par H2O et H2S ; les quantités de SO2 et de CO2 restent très faibles.

Les flux de SO2 enregistrés sur les stations NOVAC de l’OVPF sur le pourtour de l’Enclos sont  très faibles avec une tendance à la baisse depuis le 24 mars.

Les flux de CO2 par le sol, après une diminution rapide le 22 mars, sont stables depuis sur des valeurs intermédiaires.


 

Figure 2 : Carte de localisation (épicentres) et coupes nord-sud et est-ouest (montrant la localisation en profondeur, hypocentres) des séismes enregistrés et localisés par l’OVPF-IPGP entre le 13 et le 28 mars 2021 sous le massif du Piton de la Fournaise. Seuls les séismes localisables ont été représentés sur la carte (© OVPF-IPGP).

 

Le processus de recharge depuis les profondeurs vers le réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines (avec des périodes de sismicité plus ou moins intenses) avant que le toit du réservoir ne se fragilise et ne se rompe, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface et à une éruption, mais peut également s’arrêter sans donner lieu à brève échéance à une éruption.

 


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Retrouvez l’ensemble des informations relatives à l’activité du Piton de la Fournaise sur les différents médias de l'OVPF-IPGP:
- le site internet (http://www.ipgp.fr/fr/ovpf/actualites-ovpf),
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Les informations de ce document ne peuvent être utilisées sans y faire explicitement référence.
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y> ations liées au transfert de magma vers la surface qui s’est produit le 25 octobre 2019, aucun signal de déformation particulier n’est enregistré.

 

Les débits de surface estimées à partir des données satellites, via la plateforme HOTVOLC (OPGC - Université Clermont Auvergne) étaient compris sur les dernières 24h entre < 1 et 10 m3/s (ces mesures peuvent être largement affectées/minorées par la couverture nuageuse) avec une tendance à la baisse sur les dernières 24h.


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body>ues à partir d’imageries thermiques satellites (plateforme MIROVA). (© OVPF/IPGP)

 

Figure 6 : Evolution des flux de lave (en m3/s) émis. Estimations obtenues à partir d’imageries thermiques satellites (plateforme HOTVOLC). (© OVPF/IPGP)

 

Cette baisse progressive des débits de lave s’est accompagnée d’une baisse de flux de SO2 dans l’air (Figure 3).

 

Le champ de lave associé à l’éruption a très peu évolué au cours de l’éruption. L’extension maximum a été atteinte dès les premiers jours de l’éruption, avec une longueur maximale de 2.8 km (Figure 7). Par la suite la coulée s’est légèrement élargie mais la croissance s’est principalement faite par un épaississement du fait d’une activité majoritairement en tunnels de lave et de débits extrêmement faibles.

 

Figure 7 : Evolution de l’extension du champ de lave au cours de l’éruption, déduite de l’étude d’images satellites radar. (© OVPF/IPGP)

 

Les déformations associées à la migration du magma vers le site éruptif (dans la nuit du 13 au 14 juillet) se sont concentrées sur la partie sud et est du volcan et n’ont pas excédé 30 centimètres (Figure 8). Les données satellites (interférométrie radar) associées à cette injection du 13 juillet montrent que les déformations ne sont pas propagées au-delà de la fissure éruptive (Figure 8).

 

Figure 8 : (à gauche) Déplacements de surface associés à la migration du magma vers le site éruptif (nuit du 13 au 14 juillet). Les vecteurs représentent les déplacements horizontaux (échelle en mètres donnée par la valeur VECTEUR MAX) et les ronds colorés les déplacements verticaux (échelle en mètres donnée par la barre colorée). La fissure éruptive est indiquée en rouge, et le trajet supposé de l’injection du magma en profondeur est indiqué par le trait noir. (à droite) Interférogramme couvrant l’injection du 13 juillet 2017. Un cycle de phase rouge-bleu-jaune (i.e. une frange) correspond à un éloignement du sol par rapport à la position du satellite de 2,8 cm. (© OVPF/IPGP)

 

Migration du magma en profondeur à la fin de l’éruption
Un certain nombre d’indices montre que deux migrations de magma se sont produites à la fin de l’éruption. Sans être exceptionnelle cela n’est pas commun.

Associés à la reprise de la sismicité sur le secteur sud-sud est le 16 août, et au pic de SO2 le 18 août, les données satellites ont mis en évidence en août des zones de déformations (en inflation) plus en aval de la fissure ouverte le 14 juillet (Figure 9). Ces zones de déformation en inflation (gonflement) correspondent à deux injections de magma.

Sous l’impulsion de remontées de magma lors de la première phase de l'éruption (inflation jusqu’au 15 août), le système d’alimentation s'est pressurisé permettant ainsi au magma de continuer sa propagation plus en aval vers le sud - sud-est, sous la forme de deux intrusions qui se sont produites entre le 07 et le 25 août (dates d’acquisition des images satellites). La variation rapide en émissions de SO2 pourrait indiquer une première intrusion à faible profondeur le 18 août. La deuxième phase d’intrusion, quant à elle, s’est très certainement mise en place dans la nuit du 24 au 25 août lorsqu’un essaim sismique a été enregistré sur le réseau sismologique de l’OVPF et localisé dans ce secteur.

Les survols effectués par la Section Aérienne de Gendarmerie et le personnel de l’OVPF le 25 août indiquent qu’aucune nouvelle fissure associée à ces deux injections ne s’est ouverte en surface.

 

Figure 9 : (à gauche) Interférogramme couvrant la période du 7 au 19 août 2017. (à droite) Interférogramme couvrant la période du 13 au 25 août 2017. Un cycle de phase rouge-bleu-jaune (i.e. une frange) correspond à un éloignement du sol par rapport à la position du satellite de 2,8 cm. La coulée de lave est représentée par un contour blanc et le champ de déformations par un contour noir. Les étoiles correspondent à la localisation de la sismicité enregistrée depuis le 16 août 2017. (© OVPF/IPGP)

 

Compte tenu de la faible extension spatiale des déformations associées à ces deux intrusions (flèches sur la Figure 9), les stations géodésiques (GPS, inclinomètres, extensomètres) au sol, qui sont en dehors du champ de déformation, n’ont pas enregistré de signaux particuliers. En revanche la sismicité enregistrée depuis le 16 août se situe dans la zone intrudée par le magma (Etoiles sur la Figure 9).

 

En conclusion : suite à l’arrêt de l’éruption, la sismicité sous la région sud-est de l’Enclos Fouqué se poursuit et les concentrations en CO2 dans le sol en champ proche restent élevées. De ce fait, aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation (reprise d’une activité ou non).