Bulletin d'activité du samedi 4 avril 2020 à 15h30 (Heure locale)

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Niveau d’alerte : 2-2
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L’éruption qui a débuté le 02/04/2020 sur le flanc est du Piton de la Fournaise, aux alentours de 12h20 heure locale, se poursuit. L’intensité du trémor volcanique (indicateur de l’intensité de l’éruption) est relativement stable sur les dernières 24 heures malgré une hausse temporaire entre 09H00 et 11h00 (heure locale) ce matin (Figure 1).

Figure 1 : Evolution du RSAM (indicateur du trémor volcanique et de l’intensité de l’éruption) depuis le 02/04/2020 00h heure TU (04h heure locale) sur la station sismologique DSO située au sommet du volcan. (© OVPF/IPGP).


Le mauvais temps régnant sur la zone est du Piton de la Fournaise en début de matinée n’a pas permis de localiser le front de coulée à l’aide des images de nos caméras.

Depuis hier matin 00H00 UTC (04h00 Heure locale) aucune déformation significative n’a été enregistrée, et 5 séismes volcano-tectoniques superficiels ont été enregistrés sous les cratères sommitaux.

 

Les débits de surface estimés, à partir des données satellites via la plateforme HOTVOLC (OPGC - université d'Auvergne) restent fortement perturbés par la couverture nuageuse au-dessus du massif du Piton de la Fournaise. Les rares estimations effectuées depuis hier soir fluctuent entre 5 et 37 m3/s avec une moyenne autour de 7-10 m3/s.


A noter que pendant cette période de confinement l’ensemble des équipes de l’OVPF et de l’IPGP reste mobilisé pour le suivi de cette crise à distance en télétravail et s’appuie sur un dense réseau d’instrumentation (100aine de capteurs permanents installés sur le volcan) dont les données arrivent en temps réel sur les serveurs de l’observatoire.

 

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Retrouvez l’ensemble des informations relatives à l’activité du Piton de la Fournaise sur les différents médias de l'OVPF-IPGP:
- le site internet (http://www.ipgp.fr/fr/ovpf/actualites-ovpf),
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Les informations de ce document ne peuvent être utilisées sans y faire explicitement référence.
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a webcam de l’OVPF/IPGP située à Piton Cascades (Sainte Rose) à 05h20 heure locale (04h20 heure TU à gauche) et à (06h25 heure TU à droite) (© OVPF/IPGP).

 

Depuis le début de l’éruption aucune déformation significative n’a été enregistrée, et 5 séismes volcano-tectoniques superficiels (< 2 km de profondeur) ont été enregistrés sous les cratères sommitaux.

A noter que lors de l’intrusion latérale de magma vers le site éruptif le 02 avril, entre 08h50 et 12h20, et suite à la crise sismique (08h15-08h51), les déformations et la sismicité ont été extrêmement faibles. La propagation latérale s’est faite ainsi de manière assez « passive » dans un milieu déjà ouvert et extrêmement fragilisé par les éruptions de 2019 et l’éruption du 10-16 février 2020 qui ont eu lieu dans ce secteur.

 

Les flux de CO2 dans le sol en champ lointain (secteurs Plaine des Cafres / Plaine des Palmistes) ont chuté entre le 28/3 et le 01/4 avant de ré-augmenter. Ceci pourrait correspondre à une expulsion de magma superficiel (réservoir superficiel) par une remontée de magma plus profond.

Les flux de SO2 dans l’air ont baissé depuis la journée de hier. Cette baisse est en accord avec les retours visuels du site éruptif (Figure 2) qui montrent une activité plus faible ce jour.

Les débits de surface estimés, à partir des données satellites via la plateforme HOTVOLC (OPGC - université d'Auvergne) sont fortement perturbés par la couverture nuageuse autour du Piton de la Fournaise. Les estimations effectuées depuis le début de l’éruption fluctuent entre 2 et 45 m3/s avec une moyenne autour de 7-10 m3/s.


A noter que pendant cette période de confinement l’ensemble des équipes de l’OVPF et de l’IPGP reste mobilisé pour le suivi de cette crise à distance en télétravail et s’appuie sur un dense réseau d’instrumentation (100aine de capteurs permanents installés sur le volcan) dont les données arrivent en temps réel sur les serveurs de l’observatoire.

 

 

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body>ues à partir d’imageries thermiques satellites (plateforme MIROVA). (© OVPF/IPGP)

 

Figure 6 : Evolution des flux de lave (en m3/s) émis. Estimations obtenues à partir d’imageries thermiques satellites (plateforme HOTVOLC). (© OVPF/IPGP)

 

Cette baisse progressive des débits de lave s’est accompagnée d’une baisse de flux de SO2 dans l’air (Figure 3).

 

Le champ de lave associé à l’éruption a très peu évolué au cours de l’éruption. L’extension maximum a été atteinte dès les premiers jours de l’éruption, avec une longueur maximale de 2.8 km (Figure 7). Par la suite la coulée s’est légèrement élargie mais la croissance s’est principalement faite par un épaississement du fait d’une activité majoritairement en tunnels de lave et de débits extrêmement faibles.

 

Figure 7 : Evolution de l’extension du champ de lave au cours de l’éruption, déduite de l’étude d’images satellites radar. (© OVPF/IPGP)

 

Les déformations associées à la migration du magma vers le site éruptif (dans la nuit du 13 au 14 juillet) se sont concentrées sur la partie sud et est du volcan et n’ont pas excédé 30 centimètres (Figure 8). Les données satellites (interférométrie radar) associées à cette injection du 13 juillet montrent que les déformations ne sont pas propagées au-delà de la fissure éruptive (Figure 8).

 

Figure 8 : (à gauche) Déplacements de surface associés à la migration du magma vers le site éruptif (nuit du 13 au 14 juillet). Les vecteurs représentent les déplacements horizontaux (échelle en mètres donnée par la valeur VECTEUR MAX) et les ronds colorés les déplacements verticaux (échelle en mètres donnée par la barre colorée). La fissure éruptive est indiquée en rouge, et le trajet supposé de l’injection du magma en profondeur est indiqué par le trait noir. (à droite) Interférogramme couvrant l’injection du 13 juillet 2017. Un cycle de phase rouge-bleu-jaune (i.e. une frange) correspond à un éloignement du sol par rapport à la position du satellite de 2,8 cm. (© OVPF/IPGP)

 

Migration du magma en profondeur à la fin de l’éruption
Un certain nombre d’indices montre que deux migrations de magma se sont produites à la fin de l’éruption. Sans être exceptionnelle cela n’est pas commun.

Associés à la reprise de la sismicité sur le secteur sud-sud est le 16 août, et au pic de SO2 le 18 août, les données satellites ont mis en évidence en août des zones de déformations (en inflation) plus en aval de la fissure ouverte le 14 juillet (Figure 9). Ces zones de déformation en inflation (gonflement) correspondent à deux injections de magma.

Sous l’impulsion de remontées de magma lors de la première phase de l'éruption (inflation jusqu’au 15 août), le système d’alimentation s'est pressurisé permettant ainsi au magma de continuer sa propagation plus en aval vers le sud - sud-est, sous la forme de deux intrusions qui se sont produites entre le 07 et le 25 août (dates d’acquisition des images satellites). La variation rapide en émissions de SO2 pourrait indiquer une première intrusion à faible profondeur le 18 août. La deuxième phase d’intrusion, quant à elle, s’est très certainement mise en place dans la nuit du 24 au 25 août lorsqu’un essaim sismique a été enregistré sur le réseau sismologique de l’OVPF et localisé dans ce secteur.

Les survols effectués par la Section Aérienne de Gendarmerie et le personnel de l’OVPF le 25 août indiquent qu’aucune nouvelle fissure associée à ces deux injections ne s’est ouverte en surface.

 

Figure 9 : (à gauche) Interférogramme couvrant la période du 7 au 19 août 2017. (à droite) Interférogramme couvrant la période du 13 au 25 août 2017. Un cycle de phase rouge-bleu-jaune (i.e. une frange) correspond à un éloignement du sol par rapport à la position du satellite de 2,8 cm. La coulée de lave est représentée par un contour blanc et le champ de déformations par un contour noir. Les étoiles correspondent à la localisation de la sismicité enregistrée depuis le 16 août 2017. (© OVPF/IPGP)

 

Compte tenu de la faible extension spatiale des déformations associées à ces deux intrusions (flèches sur la Figure 9), les stations géodésiques (GPS, inclinomètres, extensomètres) au sol, qui sont en dehors du champ de déformation, n’ont pas enregistré de signaux particuliers. En revanche la sismicité enregistrée depuis le 16 août se situe dans la zone intrudée par le magma (Etoiles sur la Figure 9).

 

En conclusion : suite à l’arrêt de l’éruption, la sismicité sous la région sud-est de l’Enclos Fouqué se poursuit et les concentrations en CO2 dans le sol en champ proche restent élevées. De ce fait, aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation (reprise d’une activité ou non).